Sortir des GAFAM, sans attendre : mon point de vue
Je ne vais pas te faire la morale. Je te raconte pourquoi j’ai quitté les grandes plateformes, ce qu’elles savent de toi, et ce que tu gagnes en choisissant des outils plus discrets.
Par Nicole · Fully, Valais
Tu connais les noms : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft. On les appelle les GAFAM. Pendant des années, je les ai utilisés sans me poser de question. Comme tout le monde. Puis j’ai compris ce qui se passait derrière l’écran. Aujourd’hui, j’ai quitté l’essentiel de leurs services. Je marche plus léger, dans tous les sens du mot.
Voici pourquoi, et comment tu fais pareil à ton rythme. Mais sans trop attendre.
Ce qu’ils savent de toi
Les services dits gratuits ne le sont pas. Tu les paies avec tes données. C’est le cœur du marché.
- Chaque geste est enregistré. Tes recherches, tes messages, ta position, tes achats, le temps que tu passes sur chaque photo. Tout sert à dresser ton portrait.
- Ton portrait se vend. Ces entreprises gagnent leur argent en revendant ton attention aux annonceurs. La pub qui te suit de site en site vient de là.
- Tes données voyagent loin. Une grande partie part sur des serveurs aux États-Unis, où les autorités du pays y ont accès.
Pourquoi ça compte vraiment
On me dit parfois : je n’ai rien à cacher. Ce n’est pas la question. Tes données, ce sont tes proches, ta santé, tes opinions, tes habitudes. Une fois parties, tu ne les récupères plus.
- Tu perds le contrôle. Tu ne sais ni où vont tes informations, ni à qui elles servent.
- On capte ton temps. Ces applications sont pensées pour te retenir le plus longtemps possible. Les notifications, le défilement sans fin, tout est fait pour ça. Le temps d’écran monte, le temps pour les gens descend.
- Tu nourris un système qui t’enferme. Plus tu restes, plus il te connaît, plus il te garde.
Ce que tu gagnes en partant
Quitter les GAFAM, ce n’est pas un sacrifice. C’est un soulagement. Voilà ce que j’y ai trouvé.
- La tranquillité. Moins de traçage, moins de pub qui te colle aux talons.
- Le contrôle. Tes fichiers, tes messages et tes photos t’appartiennent, point.
- Du temps retrouvé. Moins happée par l’écran, j’ai repris mes balades du lundi avec le sourire.
- Un choix local. Mes données restent en Suisse, chez une entreprise suisse qui tourne à l’énergie renouvelable.
Des solutions plus discrètes
Pour presque chaque service GAFAM, il existe une option qui te respecte. La plupart sont suisses ou libres. Voici celles que j’utilise au quotidien.
| Pour… | Au lieu de | Je choisis |
|---|---|---|
| Mon courriel | Gmail, Outlook | KMail (Infomaniak) |
| Mes fichiers | Google Drive, OneDrive | KDrive (Infomaniak) |
| Mes documents | Word, Google Docs | OnlyOffice ou LibreOffice |
| Mes messages | WhatsApp, Messenger | Signal ou Threema |
| Mes recherches | Qwant ou Swisscows | |
| Mon navigateur | Chrome | Firefox ou Brave |
| Mes appels vidéo | Zoom, Teams | KMeet (Infomaniak) |
Ces outils font le même travail. La différence, c’est qu’ils ne vivent pas de ta surveillance.
Comment commencer, sans pression
Pas besoin de tout changer en un jour. Tu y vas pas à pas.
- Cette semaine, remplace un seul service. Ta messagerie, par exemple. Installe Signal et préviens tes proches.
- La semaine d’après, ouvre une adresse courriel chez Infomaniak et déménage tes fichiers sur KDrive.
- Ensuite, change ton moteur de recherche et ton navigateur. Deux minutes, et c’est fait.
- À ton rythme, tu retires les applications dont tu n’as plus besoin.
Je ne te demande pas d’être parfaite. Je te dis juste de commencer, dès aujourd’hui. Un service de moins entre leurs mains, c’est déjà un peu de ta vie qui te revient. Non aux GAFAM, oui à une technologie qui te respecte.
Nicole · Fully, Valais
